«Le vrai péché originel pour les pauvres peuples est de naître comme ils sont, dans la pauvreté, dans la misère, dans la dépendance et sous la tyrannie des grands; il faudrait les délivrer de ce détestable et maudit péché.» Jean Meslier , dans «Testament».

 

 

Exposition Esprits rebelles : Salle capitulaire des Cordeliers.
une gageure, celle de vouloir enfermer sous vitrines des esprits
rebelles, des ‘rebelleux’. Les siècles ne suffiront pas à les faire
taire. L’industrie industrieuse du livre non plus.
Je parle de cette industrie pour laquelle il faut maximiser les
ventes et réduire les consciences au maquis du profit ou à
la transparence du savoir.
De Proudhon à Marius Alexandre Jacob, de Bernard Noël à
Théophile de Viau, tous, philosophes, poètes, essayistes,
littérateurs ont roulé leur plume dans l’encrier de la révolte.
Travailleurs de la nuit, leur monde transforme le nôtre en zone
orageuse, ou en points lumineux. Vies et oeuvres s’imbriquent,
fraternisent et se débarrassent de l’égo, tutoyant plus facilement
l’infini ou les principes de l’amitié que la presse people.
Leur noircissure est notre grain à moudre pour des mois,
parfois pour des années. Nous aimons à partager leur univers
entre amis, un verre de Reuilly pourquoi pas à la main. Et l’on
aime apprendre par coeur des pages entières qui, dès lors,
soufflent en nous ces murmures de l’au-delà, ces partitions de
l’esprit libre.
Il y a un peu plus de trois siècles le curé Meslier, dont nous
avons ici un exemplaire de ces «Mémoires», qui pratiquait de
drôles de prêches pouvait écrire en catimini : «Unissez-vous
donc, peuples, unissez-vous tous, pour vous délivrer de toutes
vos misères communes.»
En parcourant cette exposition, vous reconnaîtrez les stances du
‘bateau ivre’, toutes rédigées par ce que Claudel nommait le ‘mystique sauvage’,
Arthur Rimbaud, mort la quille éclatée à Marseille en 1891, à l’âge de 37 ans.
«Castelroussins, Français, encore un effort si vous voulez être
républicains», et vous sentirez fleurir comme tout droit venu de
la Bastille un des ouvrages les plus libertins du divin marquis
de Sade.

 

Nous avons privilégié les éditions originales, les beaux papiers
sur ‘Chine’ ou ‘Japon’, les livres d’artiste rares et numérotés.
Le choix du papetier, du typographe, de l’illustrateur,
du relieur et bien entendu
de l’auteur forme une chaîne de compétences savante et
subtile.
Ce travail a été mené
en collaboration, et nous les en remercions, avec
Dominique Potard -dir. de la médiathèque de Châteauroux-,
Nathalie Clerc -dir. de la Bibliothèque Départementale de l’
Indre- et Marc Du Pouget -dir. des Archives Départementales
de l’Indre-.
Hors des vitrines, éditeurs, artisans du livre, libraires se battent
chaque jour pour un livre de qualité.

Conférences les 02 et 03 avril : dans le dortoir des Cordeliers
Samedi 02 avril de 15h à 16h, vous entendrez :
Rolland Hénault qui évoquera la révolte absolue de Gustave Jossot,
écrivain et caricaturiste de l’Assiette au Beurre.
-Nicolas Provoyeur, associé de Serge Plantureux commentera des
clichés photographiques rares et stupéfiants.
Mérédith Le Dez : nous présentera ses éditions et invitera un de ses
auteurs.
Des voix de poètes, maîtres papetiers et éditeurs se feront entendre
dimanche 03 avril à 11h.